L'impasse
Le gouvernement de Jean Charest est dans une impasse. Cette fois-ci c’est avec toute sa population qu’il la vit. Et comme dans toute impasse, tôt ou tard, quelqu’un ou quelque chose doit céder.
Actuellement, ce qui cède en premier, on le constate semaine après semaine, ce sont nos viaducs et nos ponts. Mais le sentiment d’insécurité engendré par la fragilité de nos infrastructures routières n’est rien en comparaison avec l’acide de la collusion et de la corruption qui gruge nos institutions démocratiques et scandalise les citoyens du Québec.
La population réclame que l’on crève l’abcès. Les policiers n’hésitent pas à admettre les limites de leur mandat face à la culture bien établie de la collusion. Certains vont jusqu’à dénoncer ce qu’ils assimilent à de l’ingérence politique dans leur travail d’investigation. Les ingénieurs du gouvernement qui n’ont cessé, depuis quelques années, d’alerter la population face à la perte d’expertise de l’administration publique, conséquence directe de la réingénierie de l’état, menée par Jean Charest, se voient enfin entendus.
N’y aurait-Il pas des relents de «duplessisme» dans ces révélations qui nous sont assénées jour après jour ? Infiltration du crime organisé dans les rouages de l’état, argent sale qui transite vers les caisses électorales, dilapidation des ressources naturelles, qui aurait pu prédire que le Québec pourrait , un jour, régresser à ce point ?
Quelqu’un ou quelque chose doit céder. Mais qui, mais quoi ? Il est plus que probableque le premier ministre n’acceptera pas qu’une commission d’enquête publique se déroule sous sa gouverne. Son gouvernement et surtout, son parti politique auraient trop à perdre dans un tel exercice de recherche de la vérité. Dans un régime parlementaire de type britannique, un gouvernement majoritaire ne peut pas être contraint de faire ce qu’il ne veut pas faire. A moins que…
A moins qu’une vaste mobilisation citoyenne ne vienne ébranler son arrogance Le temps presse. Selon le patron de l’unité anti-collusion, Jacques Duchesneau, il y aurait même urgence d’agir. Plus le temps passe, plus les experts de la duperie raffinent leur système, plus ils brouillent les pistes, plus l’écheveau devient inextricable. Mais il y a pire encore, puisque ce sont d’autres secteurs de l’action gouvernementale qui sont susceptibles d’être gangrenés par le même type de stratagème.
Il vient des moments dans la vie d’une société où les mécanismes plus usuels ne donnent pas tous les résultats attendus. Nous sommes rendus à un de ces moments. Seul un vaste mouvement d’indignation de la population pourra vaincre l’inertie du gouvernement de Jean Charest et l’amener à déclencher cette commission d’enquête publique que la population réclame.
En serons-nous capables?


